
Comme il y a quatre ans, l'équipe de France a fait basculer son match en Irlande (1-0) en fin de rencontre, sur une frappe de loin. Mais quelle épreuve...
Un match au couteau pour une place en Coupe du monde. De l'intensité, des duels, quelques moments à retenir son souffle mais rien de mémorable sur le plan technique. Et dans le dernier quart d'un cruch serré entre l'Irlande et la France, une frappe bleue, Given battu, et une victoire 1-0 qui ressemble à un pas de géant vers l'Afrique du Sud. La victoire remportée par l'équipe de France à Croke Park, samedi en barrage aller, à quelques hectomètres de feu Lansdowne Road, a une cousine au premier degré : ce succès de 2005, qui avait été décisif pour la qualification en Allemagne. Le but marqué par Henry à l'époque est entré dans la légende pour sa perfection. Celui d'Anelka, co-signé par le malheureux St.-Ledger, sera plus oubliable. Mais sa valeur est la même. Il a tiré l'équipe de France d'une situation très inconfortable. Jusque là, le onze de Raymond Domenech semblait condamné à aborder le retour au Stade de France avec un 0-0 brûlant. Il semblait même plus près de la défaite que de la victoire. Les occasions irlandaises étaient un peu plus nombreuses, moins arrachées, et tellement plus chaudes... Lawrence méditera longtemps son raté inouï de la 27e minute, au moins autant que les sauvetages français sur la ligne de la 52e. Quant à Lloris, le plus irréprochable de tous les Français, il a sauvé la victoire en se couchant dans les pieds de Whelan après une nouvelle étourderie d'Abidal (87e). Les Français ont pu se plaindre d'un certain manque de réussite depuis 2008. La Providence a désormais rejoint sa cause.
Pas de supériorité dans le jeu
Ce petit supplément qui fait gagner les matches sourit rarement aux plus paresseux. Elle récompense les Bleus pour leur unité dans l'épreuve, un vrai tempérament, la seule vraie valeur sûre de ce 14 novembre. Gallas et ses hommes ont soutenu la comparaison dans les duels et accepté la bataille qu'était devenue la rencontre. Mais cette partie n'aura jamais obéi, à part vaguement au tout début, à ce que la France voulait et devait en faire. L'Irlande l'a neutralisée sur ses points forts. Dans les transmissions, les passes, les appels, la vitesse du jeu et des courses, Henry et les autres n'ont rien montré, sur le plan collectif, qui établisse une forme de supériorité.
Sur le plan individuel, Anelka, Gignac, Gourcuff et le capitaine ont eu trop d'absences, de gestes hasardeux, et aussi peu de soutien, parfois, pour estimer que l'équipe est restée sur sa lancée des précédents matches. Cet enjeu-là de la rencontre a été mal négocié. L'Irlande, à cette heure, ne doute pas encore de ses chances de qualification. Mais sur l'essentiel, la France a obtenu ce qu'elle était venue chercher : la victoire, et une absence de suspension pour ses cinq hommes menacés. Allez, encore un effort
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