
L'équipe de France s'est qualifiée pour la Coupe du monde 2010 dans la douleur face à l'Irlande (1-1), mercredi au Stade de France, lors du barrage retour.
Le trèfle porte bonheur. Si, si. Plus que jamais même, après cette qualification épique de l'équipe de France pour la Coupe du monde 2010 aux dépens de la vaillante Irlande (1-1, 1-0 au match aller), mercredi soir, au Stade de France. La chance, il n'y avait bien que ça pour sauver des Bleus totalement hors-sujet pendant cette rencontre pourtant décisive, qui ne durent leur salut qu'aux mains sûres de Hugo Lloris dans sa cage, et au coup de main judicieux de Thierry Henry sur le but victorieux. Jeux de mains, jeux de malins. Approximatifs, imprécis, fébriles, dominés par une formation irlandaise impeccable de maîtrise et reine du pressing, les hommes de Raymond Domenech sont allés conquérir leur quatrième billet d'affilée pour une compétition internationale, le quatrième Mondial de Thierry Henry au passage. Le trèfle avait quatre feuilles, bien évidemment.
Une peur bleue
Dans toute l'histoire des barrages pour le Mondial, aucune équipe qui s'était imposée 1-0 à l'aller n'avait encore été éliminée de la compétition. Les Tricolores n'ont pas dérogé à cette règle, mais ont failli à tant d'autres ce mercredi. La clé du match était définie : jouer, le plus possible, en passes rapides idéalement, et surtout ne pas gérer. La partition générale des Français ne répondit pas du tout au cahier des charges : apathique, dirons-nous, approximative, voire hors-sujet. Des ballons rendus trop vite, pas mal de déchets, ces petits riens qui font souvent les grandes déceptions : des contrôles cruciaux manqués par Gignac, un appel non intercepté par Henry (31e), des relances mal négociées par Squillaci, entré tôt dans la partie suite à la blessure d'Escudé (seule nouveauté dans le onze de départ après le forfait d'Abidal). Quand, de son côté, l'équipe de Giovanni Trappatoni prenait le match par le bon bout, de manière engagée mais propre, à l'affût sur la moindre perte de balle mais trouvant heureusement un excellent Hugo Lloris sur son chemin quand il fallait faire la décision (24e, devant Robbie Keane). Sauf à cette fatidique 33e minute, où l'avant-centre de Tottenham relançait les chants du choeur du Trèfle d'un plat du pied imparable (0-1).
Verts de rages
Si l'équipe de France tint bon, en début de seconde période, ce fût encore grâce au portier rhodanien, impérial en un-contre-un face à Duff (61e) ou de nouveau face à Keane (73e). Le seul à surnager dans ces eaux vertes, où se noyaient allègrement les maigres (voire inexistantes) velléités offensives françaises (les coups-francs « sous Prozac » de Thierry Henry inclus), sous l'oeil consterné de Zinedine Zidane et Fabien Barthez en tribunes. Mais à grand match, grandes émotions. Grand match par l'enjeu, pas par le jeu, entendons-nous. Après avoir poussé jusqu'à la prolongation, l'équipe de France, toujours aussi empruntée, s'offrit son billet pour l'Afrique du Sud dans la confusion totale : Henry, qui s'aidait de la main dans la surface (tous les moyens sont bons pour disputer sa 4e Coupe du monde), offrait à Gallas (104e, 1-1), seul devant la cage vide, le but qui valait si cher. Un petit but pour un grand voyage. Les belles histoires naissent dans la douleur, l'histoire du football nous l'a appris, mais cela ne suffit pas. Raymond Domenech avait prévenu, avant la rencontre : les tirs au but ne lui portent jamais bonheur. Ses hommes l'ont entendu. C'est une chance.
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